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08-04-2006

L’Espagne contaminée par les OGM…


A l’inverse de nombreuses régions européennes, l’Espagne n’a pas attendu la levée du moratoire européen sur les OGM, en 2004, pour adopter une politique pour le moins volontariste en matière d’OGM.
Depuis 1998, l’Espagne cultive du maïs transgénique Bt 176 dans un but commercial. Alors qu’en octobre 2001, l’Agence de protection environnementale des Etats-Unis (EPA) retirait les variétés Bt 176 de la liste des produits OGM autorisés (le Bt 176 présentait des risques d’apparition de résistance chez les insectes), le gouvernement espagnol persistait, près d’un an et demi après, en autorisant de nouvelles variétés de Bt 176. Il fallut ainsi attendre avril 2004, et la publication d’un rapport de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA), qui recommandait d’interdire dès janvier 2005 la culture de certains OGM dont le Bt 176, pour que l’Espagne s’aligne et interdise la céréale transgénique.

Ce volontarisme, associé à une quasi absence de précaution et de volonté de protéger les cultures conventionnelles, qu’elles soient biologiques ou non, a fait du pays le numéro 1 européen en matière de cultures transgéniques et de parcelles expérimentales (58 000 hectares). Toutefois, même si le ministre espagnol de l’agriculture estime qu’une distance de 15 mètres entre les champs de maïs suffit pour éviter toute contamination, si l’on accepte un seuil de pollution génétique de 0,9 %, de plus en plus d’agriculteurs espagnols dénoncent des taux au-delà de ce seuil.
Menée par Greenpeace et 2 associations espagnoles, une étude dans une quarantaine d’exploitations agricoles conventionnelles et biologiques, situées dans les provinces de la Catalogne et de l’Aragon, fait même état de taux atteignant 12,6 % pour les cas extrêmes. Selon l’étude, près d’un quart des champs de maïs testés se révèle contaminé par du maïs OGM, ce qui n’apparaît pas étonnant lorsque l’on connaît la permissivité nationale en la matière :
- la plupart des coopératives ne différencient pas le maïs conventionnel du maïs OGM, que ce soit pendant le transport, la réception, le séchage, le stockage ou la vente ;
- la récolte du maïs est habituellement effectuée par des entreprises de services employées par les agriculteurs. Il est fréquent que des restes de récolte d’une parcelle transgénique se trouvent encore sur les machines au moment où elles changent de champ, ce qui représente une source de contamination évidente ;
- les expérimentations sont réalisées en plein champ, sans aucune mesure d’isolement par rapport à l’environnement immédiat, aux populations des alentours ou aux cultures voisines ;
- les distances de sécurité entre les parcelles ne sont pas respectées ;
- il existe des parcelles expérimentales sans autorisation ;
- il a été démontré à plusieurs reprises des mélanges de variétés non autorisées à la commercialisation avec des variétés autorisées, le tout étant vendu comme « variété OGM autorisée » ;

Ainsi, aujourd’hui, fer de lance des OGM en Europe, l'Espagne doit faire face à un phénomène de contamination génétique de son agriculture conventionnelle et biologique, sans précédent.

L’exemple espagnol montre à quel point l’agriculture conventionnelle ou biologique est fragile face aux cultures de plantes transgéniques. Cette fragilité est d’autant plus grande pour les producteurs bio, qu’aucune indemnisation n’est actuellement prévue dans le cas d’une contamination qui déclasse automatiquement leur production, les OGM étant interdit en agriculture biologique actuellement. Par ailleurs, le fait que les variétés autorisées dans un pays de l’Union européenne sont automatiquement inscrites au Catalogue européen au bout de quelques mois et donc autorisées à la culture dans les autres pays membres, permet à n’importe quel agriculteur européen de venir s’approvisionner en semences OGM, légalement en Espagne.
Alex Belvoit


 
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